Il aura duré 55 jours. Aujourd’hui, le déconfinement a débuté et cette période, accueillie avec plus ou moins d’excitation, promet de s’étirer sur de longues semaines… Et si on faisait arrêt sur image. Vous, le confinement, comment l’avez-vous vécu ? Dans quel état d’esprit en sortez-vous ?

 

Confinement, une parenthèse de quiétude …

 

Toute l’année, nous manquons de temps …Ce confinement a été l’occasion de le prendre et d’en abuser mais il n’a pas été apprécié de la même manière par toutes. 

Pour certaines, il a été l’occasion bienheureuse de méditer, de se ressourcer, de se révéler, une inespérée parenthèse de bonheur et de zénitude. L’occasion de se retrouver, seule, en couple ou en famille, de partager des moments inoubliables (avec soi-même ou ses proches) et de reconstruire ou consolider des liens quelques peu émoussés par le temps et le rythme trépidant du quotidien…

 

Maya, 18 ans, l’a vécu comme un moment inespéré. Elle en a joui pleinement et en a profité pour s’accorder deux mois de remise en forme et de bien-être : séances de sport matin midi et soir (yoga, fit, relaxation, danse), longues siestes, visionnage de ses séries favorites ou séance lecture dans le hamac sur la terrasse et après-midi jeu de société avec ses frères et sœurs, sans oublier les petits plats équilibrés pour une hygiène alimentaire de folie – tout cela orchestré par maman, c’est tout de même plus simple comme ça–. « Pour moi durant ces deux mois, j’ai vécu ma best life ! Dommage que ça se termine déjà. Les copains et les copines m’ont manqué un peu mais avec les réseaux on a bien échangé et ça m’a suffit ».

Un confinement rêvé qui lui aura permis de se reposer, de perdre quelques kilos et de sculpter son summer body ! – ça ne sera pas la même chanson pour tout le monde car en moyenne le confinement aura fait cadeau de 2,5 kilos supplémentaires à bon nombre d’entre nous !

 

Toujours dans la catégorie de celles qui ont aimé, il y a Mélisse, 35 ans. Pour elle aussi, ce fût un confinement de rêve trop heureuse d’avoir fait tout ce qui était en attente depuis de longues années. Hyperactive, elle est la grande gagnante du confinement, elle n’a pas chômé et à rentabiliser un max ces 7 semaines d’assignation à résidence. Elle en a profité pour mettre sa maison au carré : bricolage, rangement, jardinage… Elle n’a pas arrêté. Pendant que Doudou était au travail (pas de parenthèse enchantée pour lui !), elle a revu complètement l’agencement des pièces et des placards. Elle s’est agencé un jardin créole et est désormais en quasi auto-suffisance alimentaire !!! Elle a pensé à tout et patiente désormais en attendant ses premières récoltes…

« Des mois que j’attendais que ça soit fait, et bien voilà JE l’ai fait… J’ai pris les choses en main et j’en suis ravie. J’ai fait le tri des vêtements, changé la disposition des meubles, retapé mon salon d’extérieur, repeins le lit de Maé, ma petite dernière ainsi qu’une vieille commode qui attendait d’être rénovée depuis des années. J’ai aussi fait du jardinage, j’ai planté des tomates, gombos, carottes, aubergines, laitues, courgettes, oignons pays, persil, brisé, atoumo, citronnelle… … Le top !» 

 

… ou pas !

 

Pour d’autres le bilan est tout autre. Ces deux mois de vie confinée sont plutôt associés au manque de liberté, à l’isolement, à la baisse d’activité et de revenu sans oublier les excès en tout genre. Violence familiale ou conjugale, grande précarité, stress… ont malheureusement été des réalités qui ne pourront pas être oubliées.

Jane, 29 ans, a mal vécu ces longues semaines. Se retrouvant seule à la maison, au début elle s’est réjouie de cette occasion qui lui était donnée de faire une pause. Elle a sorti les 3 ou 4 romans en attente d’être lus … Mais très vite le temps lui – a semblé long, très long. La vie au bureau, les amis, le travail, ça lui a vite manqué. Peu à peu, son tempérament s’est assombri, ces moments d’introspection l’ont conduite à des pensées négatives, et elle a sombré dans une douce déprime. Se retrouver seule avec soi-même n’a pas été une expérience facile.

« Mon enthousiasme du début à vite changé. Seule à la maison, j’ai pas aimé. Je trouvais les journées monotones, je tournais en rond comme un lion en cage, inquiète de l’après pour mon boulot. Pour m’occuper, je me suis mise à la pâtisserie. Super idée !!! »   Bein oui, Jane s’est donnée à fond à sa nouvelle passion et a apprécié pleinement le fruit de son travail. Pain au beurre, gâteaux, tartes, repas de chef…. Résultat 5 kilos sur la balance ! Ça ne va pas l’aider côté moral !

Pour Nathalie, 52 ans. Le confinement n’a pas été, non plus, une partie de plaisir. Trop de sacrifices et de privations. Elle a eu beau relativiser, la période a été difficile. En plus voir à longueurs de journées, sur les réseaux sociaux, les challenges, les tutos en tout genre et les «wonderwomen » faire étalage de leur retour aux vraies valeurs partageant leurs profondes réflexions face à la pandémie …Très peu pour elle. Elle n’est pas dupe et sait que tout cela n’est qu’illusion, les egos et les soi-disant vraies valeurs ayant été dopée par Internet. « Positive attitude, vraies valeurs… tu parles ! Tout cela sera certainement oublié avant la prochain grande rencontre people, genre Mercury ou Tour des yoles… » Pour elle, il n’y avait vraiment pas de quoi s’émoustiller, à part bien sûr la parenthèse accordée à la nature. « Ne rien foutre, perso j’adore, mais quand je le décide. Alors deux mois à essayer de ne pas choper un virus, en chômage partiel forcé avec un demi salaire, ça ne me fait pas vibrer. La seule chose positive c’est que la planète a eu un peu de répit… ».

 

Alors quel que soit le souvenir que vous garderez de tout cela, l’important est d’en faire un terreau positif pour cultiver l’après. Il y a forcément de bonnes choses à garder qui impulseront le changement.

 

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