Depuis le 17 mars, « La Peste » d’Albert Camus, paru en 1947, est devenu un véritable phénomène de ventes. Pourquoi ? Parce qu’on cherche à comprendre ce qui nous arrive. Et que le propre des grandes œuvres littéraires est de continuer à nous parler à travers les siècles. Si vous n’avez pas rouvert « Le Rouge et le Noir » ou «Candide» depuis le collège, voici trois bonnes raisons de (re)lire les classiques pendant le confinement.

Article signé Morgane Bréard pour Créola

1/C’est gratuit (ou presque)

« Qu’est-ce que j’peux lire, j’sais pas quoi lire… » Eh oui, pendant le confinement, librairies et médiathèques sont fermées, les livraisons des plateformes type Amazon aléatoires ou impossibles en outre-mer et les rayons livres des grandes surfaces souvent dévalisés. Bonne nouvelle : les grands classique sont disponibles gratuitement en format numérique sur de nombreux sites et plateformes. On les télécharge facilement (aux formats ePUB, PDF ou Kindle pour les liseuses) sur nos ordis, smartphones ou liseuses car contrairement aux films et autres vidéos, ils ne pas très gourmands en mémoire numérique. Enfin, côté version papier, qui n’a pas un exemplaire des Trois Mousquetaires, un volume de Jules Verne ou de Victor Hugo oublié dans la bibliothèque… ou dans le cartable de ses enfants ?

2/C’est l’occasion d’échanger avec nos enfants

Pendant le confinement, l’école continue. Et si c’était l’occasion de redécouvrir les lectures au programme de nos enfants et de nos ados ? Au-delà de l’aide aux devoirs que l’on va pouvoir peut-être leur apporter, se replonger dans les lectures qui nous ont exaspérée ou émue à leur âge est aussi l’occasion de faire une cure de Jouvence. Et de pouvoir échanger avec eux sur les sentiments et les réflexions que nous inspirent les pièces de Molière, les romans de Balzac ou la poésie d’Aimé Césaire.  « Un classique est un livre qui n’a jamais fini de dire ce qu’il a à dire », écrivait Italo Calvino. En partageant les lectures « scolaires » de vos enfants, vous leur montrerez qu’on ne lit pas seulement pour avoir de bonnes notes en français, mais pour apprendre et s’enrichir à tout âge. Même (et surtout) si cela demande un effort. Et quand on n’a pas (ou plus ou pas encore) d’enfants en âge scolaire, on peut aussi se lancer des défis entre copines, et partager ensuite ses impressions de lecture sur les réseaux sociaux.

3/Plus c’est long, plus c’est bon

Les classiques, on ne les lit qu’à l’adolescence, sur l’injonction de l’école et parce qu’on a du temps. L’écriture et la pensée des grands auteurs sont complexes, les œuvres souvent denses, bref se consacrer à leur lecture demande de l’énergie et du temps. Or le temps aujourd’hu,i nous l’avons. Le confinement nous offre la disponibilité nécessaire pour que Cosette, Jean Valjean, Anna Karénine, Emma Bovary, Julien Sorel, Edmond Dantès ou Cyrano deviennent au fil des jours des amis aussi proches que ceux de Facebook, Instagram ou Twitter.  Si vous n’êtes pas tout à fait prête à dévorer l’intégralité de l’Iliade et l’Odyssée ou de « A la recherche du Temps perdu », optez pour les « formats courts » : « Une vie » de Maupassant, « L’Etranger » de Camus ou « Pluie et vent sur Télumée Miracle » de Simone Schwartz-Bart par exemple. Vous avez vraiment trop la flemme ? Les livres audio sont une alternative reposante, en version gratuite sur www.litteratureaudio.com. Vous n’avez plus qu’à vous laisser porter…

 

Ciné-classiques

Pour soutenir l’intérêt des ados ou le nôtre pour la lecture des classiques, on peut aussi s’offrir de temps en temps leur adaptation au cinéma. Petite sélection.

« La Bête humaine » de Jean Renoir avec Jean Gabin

« Le Rouge et le Noir » de Claude Autant-Lara avec Gérard Philippe

« L’Etranger » de Luchino Visconti avec Marcello Mastroianni

« Un amour de Swann » de Volker Schloendorff avec Jeremy Irons

« La Reine Margot » de Patrice Chéreau avec Isabelle Adjani

« Germinal » de Claude Berri avec Miou-Miou

« Rue Case-Nègres » d’Euzhan Palcy avec Garry Cadenat (d’après le livre de Joseph Zobel)

« Cyrano de Bergerac » de Jean-Paul Rappeneau avec Gérard Depardieu

« Madame Bovary » de Claude Chabrol avec Isabelle Huppert

« Les Liaisons dangereuses » de Stephen Frears avec John Malkovich

« La Belle Noiseuse » de Jacques Rivette (d’après « Le chef-d’œuvre inconnu » de Balzac) avec Emmanuelle Béart

 

 

 

 

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