Rencontre

Elsa Pinceau

« Il faut savoir être à l’écoute des personnes en détresse »

Douce et discrète, Elsa Pinceau cache toutefois une volonté de fer, celle de porter secours à son prochain. Son allure sportive et longiligne révèle son besoin d’activité. La vie dans un bureau, ce n’est pas son truc. Pompier volontaire, elle est aussi animatrice en centre de loisir, artiste peintre à ses heures.

Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir pompier ?…

Il y a quelques années de cela, alors que nous étions dans une pharmacie, mon fils a fait une crise convulsive due à une forte fièvre. Lorsque les pompiers sont arrivés, je leur ai demandé de suite comment faire pour devenir pompier volontaire puis par la suite j’ai déposé ma candidature auprès du Directeur départemental du SDIS (service départemental d’incendie et de secours). Et depuis, cela fait 8 ans que je suis pompier volontaire… J’en avais envie depuis longtemps…

Vous êtes bénévole ou professionnelle ?…

L’activité de pompier n’est pas son travail principal, comparé au professionnel ! Selon mes disponibilités, je pose mes gardes et nous avons un statut particulier : nous sommes des bénévoles… rémunérés par des indemnités.

70% des pompiers en Martinique sont des pompiers volontaires formés pour assurer des missions de secours aux victimes et de lutte contre les incendies. C’est d’ailleurs le même pourcentage partout en France.

Qu’est-ce qui vous plait dans cette activité ?

J’ai le goût de l’écoute des autres, le désir de leur porter secours. Dans nos missions, nous intervenons pour sauver des personnes, des biens, mais aussi des animaux, et l’environnement. Cela me plait.

Et il y a aussi des super moments, comme lorsque j’ai aidé à mettre au monde un bébé qui avait décidé de naître dans le véhicule des pompiers ! .

Quelle formation avez-vous suivi ?

Les formations sont basées sur plusieurs modules : on apprend d’abord les premiers gestes pour secourir les personnes qui font un malaise ou accident ou autre. Puis on apprend à bien travailler en équipe, car il est très important que toute l’équipe sache rapidement ce qu’il a à faire, puis rendre des comptes au SAMU. Il y ensuite les modules Incendie, divers et bien d’autre spécialités…

En ce qui me concerne, je suis caporal. Mais l’important n’est pas le grade, mais d’être sur le terrain et d’avoir la connaissance technique.

Sur quel type d’intervention vous envoie t’on ?

70% de notre activité consiste en secours aux personnes, dans des accidents de la route, malaises. Les 30% restant consistent en des interventions sur des incendies, des sauvetages, intervention après des intempéries ou catastrophe naturelle : déblayage, nettoyage… On nous appelle pour tout, même pour un chat qui ne peut redescendre d’un toit… parfois même un drone dans un arbre ! (rire)

Cela exige beaucoup de disponibilités ?…

Je m’organise, pose des gardes selon mes disponibilités. Et puis il y a une manoeuvre obligatoire tous les deuxièmes dimanche du mois. On peut aussi être appelé pour renforcer une garde ou pour une couverture sanitaire de manifestations en période de fêtes de communes par exemple.

Quelles qualités cela demande t’il ?…

Il faut avoir le coeur bien accroché, faire preuve d’une bonne résistance psychologique pour faire face à des situations d’urgence ou dangereuses, mais aussi des cas humainement très difficiles, comme la misère des personnes chez qui nous intervenons parfois. On fait beaucoup de social. Il faut savoir être à l’écoute des personnes en détresse.

En cas d’incendie de maison, il faut entrer dans le feu, savoir se protéger et protéger les biens et matériels des victimes. Venir à bout d’un feu de broussaille en période de sécheresse peut prendre 6 à 8 h d’intervention pour éviter qu’il se propage sur des hectares.

Ce n’est pas un peu dur physiquement ?

Il faut avoir une très bonne condition physique et médicale et des entrainements réguliers pour affronter tout ça ! Moi j’adore l’exercice physique, ça fait partie de cette activité. Pour être pompier vous devez passer des tests pour prouver que vous êtes en très bonne forme physique: 50 m en natation, exercices de gainage, de souplesse… les fameuses pompes, on n’y échappe pas !

J’ai choisi de faire une formation de sauvetage en déblaiement. Je peux intervenir en cas de séisme ou partir dans des territoires proches touchés. La formation est dure, car les interventions se font en conditions périlleuses, mais j’aime l’adrénaline.

Et quelle est votre activité professionnelle ?

Je suis animatrice auprès de jeunes enfants dans un centre de loisir et éducatrice sportive pour tous. Avec les enfants, c’est la joie !

Et vos hobbies ?

Le sport, c’est ma passion. Natation, vélo, course à pied, voile. J’aime également peindre : c’est mon petit plaisir personnel. Mes toiles, peintes principalement en peinture acrylique, comportent beaucoup de relief : bois flotté, fibres de coco, petites pierres ramassés sur la plage. Peindre me détend. C’est mon espace de créativité.

Vous êtes aussi mère de famille, comment parvenez-vous à tout concilier?

J’ai trois enfants qui ont aujourd’hui 12, 18 et 26 ans. Deux filles et un garçon. Je suis une mère comblée ! Une des mes filles a même été jeune sapeur pompier. Cela me plait d’avoir transmis cette envie de porter secours aux personnes.

Pour en savoir plus :

www.pompier.fr

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