#Covid19, #Confinement

Livia, plus connue sous le nom de Cocozabrico à plusieurs vies en une. En plus de son blog Cocozabrico dans lequel, elle nous fait voyager, réfléchir et rire, Livia est également une jeune infirmière, qui en cette période tendue, est en secteur réanimation Covid au CHU Martinique. Nous avons voulu en savoir plus sur la façon dont elle vit son métier, et ses journées en pleine pandémie. Une vie au front chaque jour avec ses collègues. Emotion.

Créola : Le moral est-il bon ?

Livia : Aujourd’hui, le moral est bon !

C: Comment se passe une journée à l’hôpital aujourd’hui ? La situation est-elle tendue ?

L : Mon service qui est habituellement celui des soins intensifs post-opératoires a subi de grands changements afin de devenir la Réanimation Covid 19. C’est toute une équipe qui a dû s’adapter à un nouveau rythme, renforcée par l’aide d’autres soignants venant de divers horizons. Nous nous serrons les coudes en espérant des jours meilleurs. Ce ne sont pas les gestes de soins qui sont le plus difficile à affronter, mais davantage la présence factuelle d’un virus mortel, là, juste devant nous.

C: Comment arrivez-vous à passer le cap de ces journées difficiles?

L : Et si nous étions atteints sans le savoir ? Et si nous le rapportons à nos familles ? Mais c’est quoi ce p*** de virus ?! Quand verrons nous enfin la fin de tout ça ? Ce sont les quelques questions qui reviennent. Alors après une journée, nous aimerions bien prendre un bain de mer ou autre, mais nous nous contentons de retrouver notre chez nous… comme tout le monde ! Étrangement c’est à l’hôpital entre collègues que nous arrivons à décompresser un peu avec de la musique ou quelques vidéos drôles quand on a un peu de temps. Ce sont des soupapes qui nous aident beaucoup.


Une fois à la maison, j’ai mon chéri qui est lui aussi infirmier. Et là aussi, ça fait du bien d’avoir quelqu’un à qui parler. On échange sur notre quotidien, nos inquiétudes, notre avenir.

« Comment nous aider ? En restant chez vous même si c’est difficile. »

C: Qu’est-ce qui vous fait vous lever le matin ?

L : L’espoir de voir le service vide… sans aucun patient atteint du covid19.

C: Et en se couchant le soir, on pense à quoi ?

L : Ça dépend du lendemain : si je suis de repos, je « déconnecte » assez facilement. C’est mon moment à moi. Si je travaille le lendemain, je me conditionne mentalement à ce qui pourrait arriver. Je remobilise mes connaissances afin de me rassurer et être plus confiante.

C: On nous interroge beaucoup sur comment aider nos soignants, des suggestions ?

L : Comment nous aider ? En restant chez vous même si c’est difficile. Sachez que le virus est bien réel, qu’il tue. Autre chose pour nous aider : en plus de soigner, comme tout le monde, on doit faire nos courses ou aller en pharmacie ou faire des prises de sang, etc… Ça serait super sympa de nous permettre un passage plus rapide, car avec toutes ces files d’attentes, nos jours de repos passent inaperçus… nous nous épuisons. Pensez-y svp ça vaut 1000 fois plus que des applaudissements 😉

C: Une journée de récupération, se passe comment ?

L : La journée de repos, sauf si on la passe dans des files d’attentes comme expliqué précédemment, est organisée pour un max de bien être à la maison ! Généralement, je commence par appeler mes parents en visio, mes soeurs, quelques amis. J’enchaîne avec du sport, puis méditation et après champ libre ! Netflix, lecture, couture, réseaux sociaux ! Je suis mes envies, zéro contraintes !

C: Avez-vous des rituels pour le moral pendant cette période?

L : Le sport et la méditation sont devenus un rituel indispensable à mes yeux. Juste après ces deux là, j’ai envie d’ajouter que je prends encore plus soin de moi. Ma peau, mes cheveux, mes ongles, tout y passe et ça fait du bien !

C: Quand vous êtes off, quelle est la chose que vous préférez faire pour vous détendre ?

L : M’habiller en tenue de plage ! Psychologiquement c’est LA touche qui apporte le lâché prise parfait pour se croire à la plage…

C: Un message à nos lecteurs ?

L : Tchébé red bô kay zot, nou pa ka moli en hopital la.
Tenez bon restez chez vous, nous à l’hôpital on s’accroche.

Créola : Et nous, on vous dit à vous, à tous vos collègues et à tous les autres qui nous soignent, et veillent sur nous, un énorme merci. Plis Love!

@Illustration Carole Eon pour Créola. @Photos droits réservés.

 

 

 

 

 

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