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La Soufrière, l’ascension sulfureuse

Sous son fard chlorhydrique et son dôme en robe plissée, la Soufrière, baptisée « la Vieille Dame » à travers l’archipel, se révèle être une toute jeune fille, âgée d’à peine 120 000 ans. Une randonnée d’exception.

Empreinte d’un caractère bien trempé, les 6 à 8 m de précipitations annuelles dont elle est gratifiée en font l’un des lieux les plus arrosés de la planète. Dans les brumes trois cents jours par an, le point culminant des Petites Antilles garde la tête froide depuis près de quatre décennies : aux alentours de 19 °C, soit dix de moins qu’au niveau de la mer, 1 467 m plus bas.

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Au cœur de la forêt primaire des Bains-Jaunes, étincelante de rosée, grenouilles, oiseaux et insectes orchestrent le concert perpétuel sous la crosse des fougères arborescentes, véritables fossiles vivants. Un entêtant parfum d’humus teinté de vapeurs soufrées parcourt l’air saturé d’humidité, au beau milieu d’un dédale de lianes et de plantes épiphytes entre les grands arbres à contreforts, bois-bandé, bois canon, balisiers et fraisiers sauvages. La terre transpire en ruisseaux ferrugineux orangés sur les pierres luisantes du sentier du Pas-du-Roy, bâti par les soldats de l’infanterie de marine à la fin du XIXe siècle.

Le Chemin des Dames dessine une saignée circulaire à l’assaut du dôme : cône de lave séchée aux pentes inclinées à 45 degrés apparu au XVIe siècle, suite à une puissante éruption magmatique. Paysage cataclysmique au sommet. Profondément fracturé, fissuré et poreux, le plateau de La Découverte est hérissé de pitons rocheux, entaillé de crevasses insondables dont certaines prennent naissance par plus de 100 m, criblé de fumerolles chargées d’hydrogène sulfuré potentiellement mortel et d’acide chlorhydrique brûlant toute végétation. Hypnotique, mystique, terrifiante ou magnétique, la beauté intérieure de la Soufrière contraste avec ses flancs fertiles et ses généreuses réserves d’eau potable qui couvrent en grande partie les besoins d’une population à son chevet.

 

TOPO //

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Durée moyenne: 3 h 15

Distance : 6,37 km

Dénivelé + 492 m / Dénivelé – 484 m

Point haut : 1467 m

Point bas : 968 m

Niveau : Difficile

Retour point de départ : Oui (parking des Bains Jaunes)

Départ : N 16.034523° / O 61.67016°

 

Conseils //

Equipez-vous de bonnes chaussures de marche et d’un coupe-vent. Le soleil tape fort et il n’y a pas d’ombre sur la partie supérieure du volcan : prenez suffisamment d’eau et protégez-vous. Partez à la fraîche pour éviter au maximum le brouillard au sommet. Suivez les indications et soyez prudent avec les émanations de gaz qui peuvent être dangereuses. Redoublez de vigilance après de fortes pluies, même survenues plusieurs jours avant votre ascension.

Texte : Véronique Brusini 

Photos : Aurélien Brusini

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